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Dans  tous lieux publics - hypermarchés, trottoirs, ascenseurs, salles d’attente médicale ou de spectacle- je souris, presque machinalement en regardant les gens. Quitte à passer pour un simple d’esprit, un vieux un peu perché…  Même s’il m’arrive d’être contrarié, déçu ou énervé par le hasard ou …la bêtise humaine, j’essaie d’en prendre conscience et de lutter contre cette morosité en …souriant aux tout venants ! Et, chose surprenante, bien des gens me sourient en réponse ; parfois même des enfants, que j’ai regardé avec intérêt , bienveillance, me disent bonjour. Et peut-être même, les plus sensibles  à cette forme de bienveillance sont les personnes âgées. J’ai une explication : les enfants, comme les vieux, ne sont que rarement regardés, simplement regardés. Et conséquemment ils éprouvent le sentiment terrible d’être devenue transparents, invisibles. Je vous accorde, c’est pas terrible à regarder un vieux, mais une vieille, peut-être encore pire ; je suis persuadé que pour une femme, la vieillesse est peut-être plus impitoyable que pour un homme. Pourquoi ? Je me l’explique par le fait que la société à inculqué aux femmes, dès l’enfance, l’importance de l’apparence, du savoir plaire, de séduire, de ressembler à un modèle de magazine de mode.

Le vieillissement est une intense blessure narcissique, permanente, sans doute plus encore pour une femme qui a été très belle.

Alors quel rapport avec mon sourire de nigaud ? Un simple constat : dans tous les lieux publics, mais spécialement dans les lieux imposant une contrainte -feu rouge, queue, file d’attente, rivalité dans l’achat d’un objet en rayon, spécialement au moment des soldes, bien des gens, selon moi plus souvent des femmes genre bourgeoise friquée, donnent l’impression « qu’elles font la gueule » qu’elles sont exaspérées d’être assimilées aux simples consommatrices, au vulgum pecus, « qu’est-ce-que je fous là, parmi ces grognasses ! Il faut bien que je fasse mes courses mais quelle horreur cette promiscuité, fi.. » Je ne rêve pas, j’ai observé cent fois ces moues dédaigneuses, suffisantes. Et parfois, j’avoue, contre mon gré je me force à leur sourire, je le reconnais, par goût de la provocation.

Bien de mes amies, lectrices, vont me trouver bien peu féministe, voire un peu macho. Je le reconnais. Une prochaine fois, promis, je dézinguerai le gros macho puant de prétention insupportable.
En attendant, mesdames, je vous en conjure : souriez, bêtement, « pour rien ». Et sachez qu’un des plus fameux philosophes, Spinoza, a placé au sommet des plus importantes qualités humaines à essayer d’atteindre : la gaîté . Etonnant non, pour un philosophe ?

 

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