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Je prolonge ma réflexion sur cette question actuelle de la défiance. J’ai évoqué l’attitude de défiance vis-à-vis des politiques, de la police et de la justice. Je voudrais parler de cette question cruciale aujourd’hui de cette défiance envers la presse et les journalistes. Hier encore, des journalistes de l’AFP, y-compris de leurs vigiles, ont été agressés ; c’est condamnable mais tellement compréhensible !

En mon jeune temps, alors que j’étais reporter-cameraman ORTF, j’ai connu un véritable scandale : après mai 68, il s’est trouvé de nombreux journalistes pour faire une liste dénonçant des collègues qui avaient été sympathisants des mouvements soixantehuitards. Pour beaucoup, ce fut la honte de la profession. Je connaissais déjà la censure ; l’on disait aussi que les ministres de l’intérieur avait  une ligne téléphonique directe avec les rédac-chefs des télés, mais là je fus fixé sur la morale à géométrie variable de ce métier.

Aujourd’hui, les médias sont, soit l’organe de presse du gouvernement, soit la propriété de groupes financiers énormes et, de plus, abondamment financés par l’Etat.

Même les plus honnêtes des journalistes ne peuvent clairement plus se prononcer pour des opinions contraires à leur hiérarchie. Ils ne peuvent « cracher dans la soupe », critiquer ceux qui les nourrissent.

Mais il y a pire : la profession de « journaliste d’investigation » se fait de plus en plus rare. Aucune télé n’est libre et quant aux journaux, hormis Médiapart, La Croix et l’Humanité, tous appartiennent à des groupes capitalistes ou à l’État.

Si vous écoutez un des rares de cette espèce -parlant de son film « Le scandale d’Outreau »- à des Sénateurs, vous apprendrez qu’il n’a pu trouver qu’une seule TV (Suisse) pour le diffuser ! https://www.youtube.com/watch?v=JPM-A4p-LJU

Ce qui est frappant c’est que certains font preuve de courage pour s’attaquer à des politiques, mais très peu pour tout ce qui touche aux abus sexuels sur enfants. Il semble y avoir trop de tabous.

Quant à la question actuelle du Covid, tous sont frappés de psittacisme et se contentent de répéter la doxa officielle ; un seul exemple : en ce moment, chaque samedi et même chaque jour en Allemagne ou Autriche, des dizaines de milliers de personnes défilent dans toutes les villes de France pour protester contre les privations de liberté et rien ou quasiment n’est montré sur les écrans.

La circulation des idées, heureusement, est très active sur les réseaux et, du coup, entraine une défiance de plus en plus intense vis-à-vis de la profession de journaliste. Mais ce n’est pas une bonne chose pour la démocratie et discrédite gravement ce qui a toujours été ce 4ème pouvoir si nécessaire.

A l’heure où j’écris ces lignes, je vous avoue que je suis extrêmement inquiet.

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